Il est parfois des moment de spleen dans la vie d'un politique où l'envie d'aller planter des carottes au Larzak vous prend furieusement. Comme je ne me sens pas l'âme d'un agriculteur, permettez moi de m'épancher quelques peu sur quelques énormités que nous entendons à tour de bras dans cette campagne :

Il y a des jours comme ça ...
1. les conflits communautaires n'intéressent pas les gens, qu'ils soient wallons ou flamands, et c'est une invention des politiciens qui en vivent. Pour qu'un problème devienne à ce point blocant dans la vie politique, il faut qu'il recueille un certain écho dans la population. Aujourd'hui, la NVA, le Vlaams Belang et De decker représentent ensemble plus de 40% des intentions de votes. Côté Francophone, à Bruxelles du moins, le MR sauvera vraisemblablement les meubles grâce à l'arrogance de Maingain. Notons que le MR est en train de durcir le ton et de s'écarter petit à petit de la position francophone en réclamant l'élargissement de Bruxelles même s'il n'y a pas scission pure et simple de BHV.
2. Vous êtes prêts à lacher les francophones, sous-entendant que ceux qui crient le plus fort sont ceux qui défendent le mieux les francophones. Le vrai courage aujourd'hui, c'est de ne pas répondre à la provocation mais de tenir bon. La situation est déja suffisamment compliquée comme celà pour ne pas en rajouter. Le vrai courage en politique c'est de construire un compromis acceptable pas de lancer des petites phrases assassines ou de chanter "le lion est mort ce soir" dans un bus sillonnant la périphérie.
3. On peut voter comme on veut, ce sont toujours les mêmes qui arrivent au pouvoir: C'est faux, en 2007, le PS avait été lourdement sanctionné par l'électeur et il y avait une volonté de la part des humanistes socio-chrétiens et des libéraux de construire une majorité de centre droit : l'orange bleue. Le PS a fait un pas de côté, s'abstenant même, durant toute la négociation, de surenchère facile. Rappelons que c'est à la demande expresse de ces partis que le PS a été invité à rejoindre l'équipe gouvernementale. Ce fut un choix suicidaire, difficile et courageux.
- le moindre stagiaire en stratégie politique vous l'aurait dit. iL faut laisser l'orange bleue s'enfoncer et s'écraser et capitaliser depuis l'opposition le mécontentement de la population.
- le PS montait au Gouvernement :
- sans renégocier le programme (cela faisait près d'un an que les libéraux et socio-chrétiens se chamaillaient). La Belgique avait besoin d'un Gouvernement TOUT DE SUITE.
- sans le SPA qui, lui, voulait l'opposition. Pas facile d'être dans la majorité avec un parti frère dans l'opposition, parti avec lequel vous partagez des valeurs et qui va bien entendu fustiger tous les accords intragouvernementaux, par nature objet d'un compromis
4. Vous êtes tous des incapables, il n'y a qu'à ... et suit une recette à la mords moi le noeud très séduisante et très simple qui paraît équilibrée mais qui sera refusée en face.
J'en ai un peu marre de tout celà mais heureusement, le travail concret que je mène à la Ville, couplé à la confrontation enrichissante avec la dimension plus stratégique du mandat de député régional me regonfle le moral. Une dernière chose, ne nous appelez plus politiciens mais mandataires ou politiques et votez bien le 13 juin.