Silvio Berlusconi a subi lundi un cuisant revers dans son fief de Milan, perte symbolique d'une déroute électorale dont sa coalition ne devrait pas sortir indemne.Le président du Conseil perd pour la première fois depuis 1993 le contrôle de la capitale financière italienne, la ville du "berlusconisme" d'où il a bâti son empire économique et médiatique. Notre Bourgmestre avait été envoyé à Milan pour soutenir le candidat d'opposition lors de différents meeting.

Naples, troisième ville d'Italie, reste aux mains de l'opposition.
L'opposition avait déjà conservé Turin et Bologne lors du premier tour. De façon plus anecdotique, la gauche a également pris Arcore, où se trouve la villa de Berlusconi.
"Nous avons perdu, c'est évident", a dit le "Cavaliere".
Berlusconi s'est entretenu avec Umberto Bossi, le chef de la Ligue du Nord dont le soutien est vital pour le gouvernement de droite. La Ligue du Nord, qui avait le vent en poupe ces derniers temps, a eu le sentiment d'être une victime indirecte de l'impopularité du chef du gouvernement lors d'un scrutin qui pouvait pourtant lui être favorable.
La "Lega" a perdu des villes qu'elle semblait pourtant tenir fermement, comme Novare, Pavie ou Trieste.
C'est un signal clair de la désillusion des électeurs.
Le secrétaire général du Parti démocrate, Pier Luigi Bersani, a réclamé la démission de Berlusconi, une nouvelle loi électorale et des élections anticipées. Lors de la campagne du premier tour, le président du Conseil avait présenté ces élections locales comme un référendum sur sa personne et sa politique.
Quelques jours après le premier tour, l'agence de notation Standard & Poor's a abaissé sa perspective pour l'Italie en raison de son incapacité à réduire sa dette et à relancer son économie.
Celle-ci est l'une des plus fragiles de la zone euro avec un chômage frappant 25% des jeunes et un niveau de vie qui s'est dégradé sur les dix dernières années.